Dire que tout le monde est moite a Bangkok est un euphemisme... Je debarque donc degoulinante en Thailande. Forcement, on apprend vite a apprecier la clim et les douches froides (apres 5 mois d'eau froide, franchement...). Deux titis parisiens, Lorris et Herve prennent pitie de moi alors qu'on arpente le quartier derriere Kao San (quartier routard), a la recherche d'une chambre pour la nuit deja tombee. Et voila comment on partage une chambre triple avec l'indispensable ventilo pour un prix derisoire... Une colloc sans contraintes : je vadrouille de mon cote et on se retrouve en soiree pour un plat thai dans la rue. La folie de Bangkok n'est pas frappante lorsqu'on debarque du Nepal : de belles avenues, des feux tricolores, une circulation dense sans etre anarchique, des trottoirs propres, pollution relative (mais compare a KTM...), etc. Ca manque meme un peu de folie a vrai dire... Mais le changement est radical : vive la societe de consommation!!! La majorite des touristes sont la pour claquer du fric en fringues et en bringues, se faire manicurer ou pedicurer... les instituts sont bondes!!! J'avoue que j'ai un peu du mal... J'y passe pourtant quelques jours : j'ai besoin de me poser et a moindre frais. Je sillonne la ville en tuk-tuk vrombissant ou a pied... Je fais semblant de m'interesser a une robe de cocktail pure soie pour que le gars du tuk-tuk ait son coupon essence (c'est un deal officieux entre les chauffeurs de tuk-tuk et les tailleurs : s'ils amenent des touristes, ils recoivent un coupon essence et voient leur recompense doubler voire tripler en cas d'achat), je flane dans un festival bouddhiste entre les stands de bouffe... Je tente les massages thais (mes cervicales s'en souviennent encore), je visite un nombre incroyable de temples avec autant de bouddhas de toutes les tailles et dans toutes les positions : assis, allonge, debout, gigantesque, etc. 
Il y a une reelle ferveur chez les Thais que ce soit Bouddha ou leur Roi. Le couple royal est partout et malheur a celui qui osera une remarque desobligeante... et franchement vu leur vivacite en boxe thai, faut pas les chercher!!! Mais sans "chauvinisme", l'architecture et le bouddhisme tibetain me touchent plus. Moins clinquant, moins de fioritures... Bangkok c'est aussi une collection de cliches sur le tourisme sexuel qui s'averent etre vrais... On vous propose des massages crapuleux, des "ping pong show" tous les metres (non ce n'est pas une partie de ping-pong mais un numero de charme ou la fille expluse des balles de ping-pong de son sexe... a savoir qu'il existe la version lames de rasoir ou cigarette!!!), les ladyboys roulent les hanches sur les paves de la capitale, les vieux occidentaux promenent fierement leur jeunes "proteges" (fille ou gars ou ladyboy)... Bon et puis, j'avoue : je cede a la fievre acheteuse qui sevit dans la capitale thai car ma garde-robe neplaise... comment dire... me tient horriblement chaud!!! Un lot de debardeurs et un jean pour quelques euros (oui Lhakpa m'avait decoupe le mien aux ciseaux...). Une population touristique tres cosmopolite autant dans les origines que dans les aspirations. Je partage des bouts de chemin avec Judith l'Autrichienne, Paulo le Maltais, Kelly la Canadienne... Je mets a jour mes connaissances cinematographiques affalee sur un canap lors des seances improvisees dans les backpacks, une copie illegale glissee dans le lecteur DVD. Je decouvre enfin "Slumdog Millionaire" : souvenirs, souvenirs... Mais surtout, je me delecte des plats thais. Apres plusieurs mois au Dal Bhat, je redecouvre les fruits frais... ... les legumes verts, le tofu, les yahourts, les crevettes, le barbecue, le pad thai... ... les shakes ou jus de fruits frais... Un delice!!! Enfin, je profite de ce "break" pour gerer la suite... soit comment repartir de Bangkok. Des heures de recherche sur internet, la tournee des agences : que du bonheur!!! Et pour faire court, l'Amerique du Sud n'est pas une destination tres courante au depart d'Asie du Sud-Est donc je galere... Je finis par prendre un billet Bangkok - Sydney - Auckland - Santiago - Ile de Paques fin avril (pfffhhh, je ne compte meme plus les heures de vol) et un retour Lima - Lyon pour fin aout. La Paz etant hors de prix en vol direct, je prendrai le bus a partir de Santiago pour rejoindre la Bolivie. Et je realiserai un reve de gamine en passant par l'Ile de Paques et ses celebres statues... Au bout de 4 jours, il est temps de bouger. Guillaume vient completer le trio parisien et on prend la route pour le sud du pays et le Golfe de Thailande tous ensemble... Les touristes en Thailande sont dorlotes, babysittes, assistes : on vient vous chercher, on vous depose, on vous propose des packages, etc. On vous tient par la main et pour l'exemple des iles du sud, on vous colle un autocollant colore sur la poitrine pour eviter de vous perdre... un peu plus et ils feraient l'appel!!! Mais contrairement aux Vietnamiens (souvenirs de l'annee derniere), ils le font avec le sourire et ne cherchent pas a vous arnaquer... Apres une nuit de bus, un transfert interminable au milieu de la nuit (de 2h30 a 7h du mat) a Chumphon... ... et 3 heures de ferry, on debarque a Kho Tao, l'ile Tortue (Tao veut dire tortue en thai). Cette petite ile montagneuse est reputee pour ses coraux, sa visibilite sous-marine, sa faune et sa flore aquatiques. Alors on se fait plaisir avec un stage de plongee de 4 jours pour passer le niveau 1. Quatre jours alternant theorie et pratique pour finir avec 4 plongees entre 15 et 18 m autour de l'ile... superbe. Une belle experience dans un cadre idyllique, avec Guili une israelienne souriante pour monitrice. Le depart au petit matin... L'effervescence de la preparation sur le bateau qui rappelle celle d'une ascension en montagne... l'importance du binome... Et surtout la decouverte du milieu sous-marin, du monde du silence... un petit moment de bonheur. Et le niveau 1 pour tout le monde a l'arrivee!!! Je decide alors d'abandonner mes compagnons de voyage qui poursuivent sur Ko Samui une autre ile du Golfe de Thailande. Je veux profiter de Ko Tao et partir sur la cote est, reputee plus sauvage... Je debarque donc dans une pension familiale perdue dans la baie Lang Kay. Pas de plage mais d'enormes rochers qui dominent une eau translucide... Un bungalow sommaire perche sur le flanc de la colline, perdu dans les fleurs et les cocotiers... Je passe 5 jours de reve avec cette famille, bercee dans mon hamac, plongee dans un bouquin (un par jour grace a leur petite bibliotheque en anglais), regalee par leurs petits plats faits maison (leur soupe de noix de coco aux crevettes est un delice!!!), a admirer le lever de soleil, a ecouter les oiseaux, les lezards, les cigales, etc. Et forcement, lorsque l'endroit vous correspond, les rencontres vont avec...    Le lendemain de mon arrivee, debarquent Ruth et Peter, un couple de vieux routards australiens qui sillonnent les routes du monde avec leur guitare et leur flute traversiere (speciale dedicace pour Lise et Francis). Elle a le physique de Janis Joplin et la voix d'Emmylou Harris, il a le charisme du vieil australien du desert. Une belle rencontre. En Australie, ils bossent pour une communaute aborigene vers Darwin. Leur enthousiasme est communicatif et quand ils me proposent de bosser avec eux, c'est forcement tentant... ils me filent des contacts et je me mets a rever d'une annee perdue dans le bush australien a bosser avec des gamins aborigenes. On passe ainsi toutes nos soirees avec Tara une jeune collegue a eux, a ecouter leurs chansons sur la generation volee... petit moment de bonheur sous le ciel etoile, loves dans des hamacs. Au bout d'une petite semaine coupee du monde, je repasse sur la cote ouest pour prendre le ferry et rejoindre Bangkok en bus. Trajet en compagnie de Karo une allemande bavarde et interessante. On debarque dans la capitale a 3h du mat au lieu de 5h : c'est quoi ce pays?!! Bref longues heures a errer dans le quartier de Kao San en attendant mon bus de 7h pour la frontiere cambodgienne... notamment en gerant mes mutations pour l'annee prochaine!!! Ouh, pas facile... Quatre heures de mini-bus pour atteindre la frontiere et batailler contre "l'assistanat touristique" thai : je te fais ton visa cambodgien, pas cher (soit avec une marge de 50%), rapide comme ca tu n'as rien a gerer... tu n'as pas de souci a te faire... je m'occupe de tout!!! Je galere pour imposer mon "independance touristique" et faire moi-meme mon visa quitte a passer pour la chieuse du bus... heureusement un couple londonien me suit et on economise ainsi plus de 10$!!! (ce qui est enorme pour ici). Decouverte d'un nouveau pays et retrouvailles avec Claire, ma compagne de trek au mois de novembre au Nepal. Retour prevu en Thailande le 5 avril pour accueillir Francesco, mon boulet attitre... oui parce-que l'autre c'est Greg, yerkyerkyerk... et decouvrir cette fois le nord du pays. |